Pourquoi le « principe de précaution » ?

Quand un bambin ferme les yeux quand un objet s’approche trop près de son visage, c’est qu’il applique le principe de précaution. Alors pourquoi un comportement si naturel devrait être théorisé ? Par exemple on n’utilise pas (encore) en politique le « principe d’évitement du mal » qui dirait que si quelque chose est mauvais alors il ne faut pas le faire. Alors pourquoi a-t-on besoin d’exprimer que si quelque chose est dangereux il faut s’en méfier ?

On peut noter que l’on entend parler de ce principe face à des situations où le bon sens a faillit: par exemple: l’écologie, l’affaire du sang contaminé. Nous sommes là dans le domaine de la décision en grand groupe, et un comportement élémentaire peut devenir compliqué à gérer en groupe.

Voyons deux exemples de comportements élémentaires difficiles à gérer en groupe:

Le sacrifice de quelques uns pour le groupe:
Imaginons qu’un groupe ait besoin d’une personne qui se sacrifie pour sauver le groupe (par exemple pour explorer une zone dangereuse, ou encore pour aller combattre un danger). Tout le monde espère alors que ce soit l’autre qui se sacrifie. Face à la nécessité du sacrifice la société a utilisé des subterfuges: la religion (je meurs mais dieu me récompensera) et le rôle du héros (à moi le prestige éternel).

Le sacrifice de chacun pour le groupe:
Si on jette ses déchets n’importe où dans la rue, on a peut de chance que cela nous gêne. C’est le fait que tout le monde le fasse qui deviendrait embêtant. On a donc peut d’intérêt personnel de chercher une poubelle, mais un grand intérêt collectif que tout le monde le fasse. Pourtant, même en déplacement dans une autre ville on cherche une poubelle. On peut le faire parce que l’on aime l’endroit où l’on se trouve, mais dans notre société plutôt basé sur la contrainte, cela ne suffit pas. Nous avons en plus une morale collective qui nous pousse à punir (en sermonnant, moquant etc) les personnes qui n’utilisent pas les poubelles, on le fait simplement par reproduction de ce que l’on a vécu quand on était enfant.

Nous voyons donc qu’un comportement simple pour un individu peut devenir compliqué en groupe et nécessite des outils tels que la morale, la religion etc. La décision en groupe se fait souvent par des représentants, sensés s’occuper du pays avec le bon sens individuel. Ainsi le rôle moral du politicien inclut de prendre des précautions avec discernement, d’agir pour préserver notre planète etc. Mais les politiciens sont soumis à d’autres pressions que ce rôle moral. Par exemple si le lobby du pétrole paye bien alors on peut parier que l’industrie pétrolière sera favorisée etc.

On assiste donc à des comportements collectivement absurdes de la part de nos dirigeants, et face à cela, on édicte plus de règles tel que le « principe de précaution ». Mais ce principe a peu de poids pour un travailleur de la politique. Pas plus que pour un conducteur de poids-lourd payé au kilomètre à qui ont recommanderait de faire de longues pauses.

Si on veut éviter de rentrer dans cette folie qui consiste à théoriser des comportements primordiaux, il faudrait d’abord s’occuper de créer un environnement pour que nos politiciens soient valorisés quand ils prennent des décisions bénéfiques à long terme. Mais ce travail ne sera pas fait par des politiciens et nécessite de revoir la décision en groupe en dehors du fatras idéologique dans lequel nous sommes englués.

Les paradigmes fondamentaux

Notre cerveau est fait pour se construire une représentation du monde. Avec le langage, nous humains, pouvons communiquer cette représentation et y réfléchir mieux que les autres espèces terrestres. Nous sommes entourés de choses simples (à première vue) à se représenter comme un bâton, la pluie etc. Mais nous sommes aussi entourés de choses complexes tel que l’esprit humain, l’univers etc. Comment aborder la représentation de quelque chose de complexe ? Nous avons évoluer dans notre manière de nous représenter les choses complexes et nous avons utiliser au cours des siècles des paradigmes différents. Nous allons voir l’histoire de ces paradigmes principalement à travers notre vision de l’univers.

D’abord nous avons compris qu’il y avait quelque chose d’immatériel qui entrait en jeu dans notre univers, nous avons appelé ça « esprit ». Nous avons alors vu des esprits comme explication des phénomène inexplicables par la mécanique matérielle, non seulement dans la tête des gens, mais aussi dans la nature, l’eau, le ciel, la forêt etc.

Comme ce monde des esprits nous était étranger, nous avons chercher à nous les représenter et nous avons imaginer qu’un esprit est un peu comme une personne invisible. Nous avons donc chercher à interagir avec ces esprits comme on le fait avec des humains: nous leur avons offert des cadeaux, troc (sacrifices), nous leur avons parlé (prière, transes de sorcier) etc.

Puis nous avons senti qu’il y avait, dans une tribue, quelque chose de plus que le simple assemblage de personnes, alors nous avons attribué un esprit à la tribue. Ainsi sont nés les dieux des différents groupes.

Puis nous avons compris qu’il y avait, au delà de tous ces esprits, des principes de base qui régissaient toute chose. Ainsi est né le monothéisme. C’était les premier pas, émouvant (pour moi en tout cas) de la science, car l’idée de base de la science est qu’il existe un ensemble restreint de règles qui régit tout un système. Ainsi les physiciens parlent des « équations régissant notre univers » et les mathématiciens des « fondations mathématiques ».

Petit à petit nous avons compris que « dieu » n’est pas un esprit comme nous et nous sommes passé de la représentation de l’esprit humain à la représentation de la machine. Nous avons compris aussi que nous pouvions observer cette machine sans risquer d’être punis (ouf!). Ainsi maintenant encore nous nous représentons l’univers comme une vaste machine, régie par quelques règles. Alors est venu le temps du désenchantement: notre univers était parfois dur, parfois bon, mais voilà qu’il est froid et indifférent. Ce changement de représentation (de l’esprit humain à la machine) était fondamental, c’est pourquoi nous avons alors changé de mot pour désigner cette nouvelle représentation: la `science’ était née. L’église s’est adaptée, elle est passée d’une représentation d’un dieu seul à un dieu comme maître de la machine. Ce nouveau paradigme nous sert maintenant partout: là où nous voyions des esprits partout nous voyions maintenant des machines partout: nous nous représentons notre corps, notre esprit, notre univers comme une machine (complexe).

Nous en sommes là. On peut remarquer une chose: à chaque fois nous étions plongés dans nos croyances. Ces croyances étaient ce qui se faisait de mieux en matière de représentation de l’univers, et pour l’époque elles marchaient. Aujourd’hui nous pensons que notre représentation est vraie car la science marche, par exemple elle nous permet de concevoir des ordinateurs. Mais nous avions la même impression et le même raisonnement dans le passé: on faisait une bonne chasse grâce à dieu, et le sacrifice avait été bien utile. On pourrait penser: si on ne faisait pas de sacrifie ça marchait quand même donc « dieu » ne servait à rien. Mais c’est négliger l’aspect social et psychologique de l’humain que d’ignorer l’utilité ancienne de « dieu »: les groupes humains étaient plus efficaces quand ils avaient des pratiques religieuses, donc « dieu », à l’époque, ça marchait et donc c’était vrai.

On pourrait penser que nous sommes enfin sortis de l’époque des croyances absurdes comme base de notre vision de l’univers. Hum, je me méfie beaucoup de l’idée « ça fait 100 fois que l’on change mais cette fois ci c’est la bonne. ». Je pense plutôt que toute vision de l’univers est partielle, et qu’il n’y a pas de base définitive. Ainsi la vision mécaniste de notre univers sera amenée elle aussi à être remise en question un jour ou l’autre, et il m’est certain que les humains du futur nous verrons comme des personnes ayant des pratiques et des idées bancales au possible.

Le droit d’avoir peur

Pourquoi l’émotion de peur est utile

La peur est une émotion qui permet de marquer un danger pour la personne. Les émotions nous permettent de prendre des décisions sensées malgré une multitude de paramètres. Sans peur nous aurions beaucoup de mal à prendre en compte une information reflétant un danger quand celle-ci serait noyée parmi beaucoup d’autres informations (ce qui est pratiquement toujours le cas).

Exemples de répressions

Un petit enfant est en haut du toboggan et dit « j’ai peur », alors le parent dit « Mais non, faut pas avoir peur, vas-y descend » et une fois en bas dit « Bravo tu es un grand garçon. ».
Dans cet exemple on voit que le parent apprend à l’enfant à dépasser sa peur et valorise ce dépassement. Comme si la peur était une mauvaise chose, et donc comme si la peur était à éliminer. Remarquons que si le parent disait « je ne vois pas de danger », il donnerait alors une information objective à l’enfant sans pour autant porter de jugement sur sa peur.

Un petit enfant est en haut du toboggan et dit « j’ai peur », alors les autres enfants se moquent de lui en le montrant du doigt et en disant: « hou le bébé, il a peur le bébé ».
Les enfants s’embarrassent moins de manières et expriment directement l’essentiel de ce qu’ils ont ressentit par ailleurs, c’est pourquoi ils traduisent là ce que notre culture nous transmet: la peur est une émotion à réprimer.

Un enfant pleure et exprime sa peur d’aller à l’école. Les parents se sentent mal devant le sentiment d’abandonner leur enfant et devant son désarroi. Mais ils répriment alors leur sentiment, et aussi leur enfant en le forçant physiquement et en lui disant des phrases telles que « tu es un grand garçon maintenant ».
Ce type de phrase fait pression sur l’enfant en faisant référence à la menace d’être considéré comme un bébé (c’est à dire très bas dans l’échelle sociale). Même en voulant garder le principe de l’école il serait tout à fait possible de faire un passage très graduel dans le monde de l’école en laissant les parents y rester l’instant que l’enfant se sente en confiance. Si on ne pratique pas un tel système c’est pour garder ce rite de passage montrant à l’individu qu’il appartient en premier lieu à la société, et non à lui-même.

L’idéologie de soutient à la répression de la peur

« En dépassant sa peur on devient plus fort ». « La peur est une émotion éprouvée par les faibles ». « La peur est une émotion enfantine ». « Si on te force à vivre ce qui te fait peur alors tu auras dépassé ta peur. »

Ces phrases négligent le fait que « faire semblant » et « faire » ne sont pas les mêmes choses. On peut ne plus avoir peur quand on comprend que l’on maîtrise la situation. Réprimer son émotion de peur n’est pas la dépasser mais la cacher, cacher n’est pas détruire, la peur est là mais enfouie plus ou moins consciemment. La personne a alors toujours peur mais en plus utilise beaucoup d’énergie pour réprimer sa peur. Ainsi on se trouve adulte sans énergie apparente, devant la télé, sans savoir pourquoi on se retrouve vide. Ce n’est pas que l’on est réellement vide, mais que l’on réprime tellement d’émotions que l’on n’a plus beaucoup d’énergie pour autre chose.

La peur et la société

La peur fait parti des émotions les plus basiques, c’est un système de sécurité très puissant. La peur est aussi très communicative. Quand une personne exprime sa peur il est alors très difficile pour son entourage d’agir autrement qu’en prenant en compte la personne, même si l’entourage sait pertinemment que la peur est infondée pour cette situation.

Dans une société hiérarchique comme la nôtre, ce sont les chefs qui décident, les inférieurs doivent se conformer. Comme les émotions servent à décider, les inférieurs doivent réprimer les émotions qui ne vont pas dans le sens de leurs devoirs. Ils doivent donc utiliser leur sentiment de soumission pour réprimer leurs émotions, dont la peur. À l’inverse les chefs doivent exprimer publiquement leur émotions pour orienter le groupe. Le chef ne montrera pas sa peur (car il doit être fort et actif) mais montrera alors de l’agressivité.

Si on montre que l’on a peur alors cela implique que l’on ne maîtrise pas entièrement une situation. Si on veut paraître plus fort que l’on est alors il faut souvent cacher sa peur. Comme nous sommes dans une société où le paraître est important (et où le niveau de mensonge est élevé), il est alors normal de cacher sa peur.

Pourquoi exprimer sa peur est un droit important

Pour cacher une peur nous l’enfouissons dans les profondeurs de notre inconscient. Ce travail, cette guerre à l’intérieur de notre cerveau, a des conséquences importantes pour notre conscience car nous sommes fait pour exprimer nos émotions. En exprimant nos peurs nous pouvons nous faire aider et ne plus avoir à faire ce travail anti-naturel. Mais cela passe par une prise de conscience de la répression de la peur, de ses propres peurs, et par un changement d’organisation sociale pour passer à un système moins hiérarchique.

Émotions et langage

Remarques préliminaires

On entend souvent parler de la « volonté du corps » pour signifier une partie de notre esprit proche de systèmes fondamentaux et loin de notre volonté. Cette partie de notre esprit, je la situe certe loin de la volonté, mais quand même dans le cerveau.

À quoi sert un cerveau

Au final, si nous avons un cerveau, c’est pour orienter notre corps vers de « bons » choix. Ainsi nous allons vers la cuisine pour manger plutôt que d’attendre que la nourriture arrive à nous comme le ferait une anémone de mer. Pour arriver à cette performance extraordinaire de prévoir le futur et de connaître ce dont nos sens ne nous informe pas, nous devons avoir tout un système de représentation de notre univers et tout un système de prise de décision.

La prise de décision

Le rôle des émotions

Prendre une décision en fonction d’une multitude de paramètres n’est pas une chose facile. Par exemple si vous êtes en croisière sur un bateau vous êtes conscient de nombreux paramètres allant de la vitesse du vent jusqu’à la réserve de nourriture. Un seul paramètre peut prendre la suprématie sur tous les autres: par exemple si vous savez qu’un paquebot se dirige vers vous il faut prendre en compte cette information en priorité. Mais comment décider du poids de l’importance de chaque information ? C’est là que rentre en jeu l’émotion, elle donne une intensité et un type d’émotion à chaque information. C’est pourquoi nos décisions sont prises au final par nos émotions.

Brimer ses émotions

On pourrait croire que le rôle des émotions décrit ci-dessus est en contradiction avec l’image de la personne non émotive, intellectuelle, qui prend ses décisions sans émotion apparentes. Pour mieux comprendre le fonctionnement de ces personnes regardons leur histoire. On peut constater qu’elles sont élevées elles-même dans le mépris des émotions. Mais le mépris est lui-même une émotion! Par exemple un parent pourra dire à une enfant montrant une émotion de peur: « Tu mets ta peur dans une petite boîte et tu la jettes. ». Ainsi l’adulte soit disant non émotif est construit à partir d’un enfant émotif à qui on a enseigné à mépriser et cacher ses émotions. Pour arriver à cette folle performance, l’esprit de l’enfant sera obligé de contrecarrer les émotions en utilisant la haine de ses émotions et la peur des réactions provoquées par l’expression de ses émotions. On voit donc qu’une personne cachant profondément ses émotions est très très probablement une personne émotive tournant des émotions négatives contre elle-même.

Et la raison ?

La raison n’est pas un mécanisme fondamentale de notre esprit, c’est une fonction qui s’acquiert petit à petit par expérience. Ainsi un petit enfant a une logique très floue et pourra dire par exemple « Encore heureux que je n’aime pas les épinards, parce que si je les aimais alors j’en mangerais! ». L’expérience qu’il fait sur la raison dépend de son milieu, ainsi si sa culture environnante comporte beaucoup de mensonges et autres déraisons alors il aura du mal à développer sa raison par imitation car il vivra dans un environnement avec des idées souvent contradictoires.

Exemple: Un enfant monte à un arbre. Le parent dit « Tu vas tomber ». L’enfant s’aperçoit plus tard qu’il ne tombe pas en montant à l’arbre. En fait le parent voulait dire « J’ai peur que tu tombes, arrête. ». Par imitation, l’enfant utilisera un langage déformé par rapport à ses pensées. Or le langage est un outils fondamentale du raisonnement.

La raison et la société

La raison est bien vue, par exemple on dit « j’ai raison ». Comme toute chose bien vue, les dominants s’attribuent cette vertu. Ainsi nos dirigeant font tout pour se parer des atours de la raison même dans leurs plus profonds délires. Comme nous sommes très soumis à notre système culturel, nous ne remettons presque pas en cause la définition notre vision de la raison et de « l’homme de raison ». Il en résulte que beaucoup de personnes rejetant la trop grande hiérarchie de notre société (par ex. dans le mouvement alternatif) rejettent aussi la raison! Cela est dû à la croyance que la raison et « le réel » est le mode de fonctionnement de nos dirigeants alors que ce n’est qu’une apparence en vue d’une domination idéologique.

Idées et culture

Nous allons exposer ici un parallèle entre les gènes et les idées, puis entre un corps biologique et une conscience. Cela nous permettra de voir plus clairement comment est structuré le monde des idées.

Définition d’une idée

Nous savons par la pratique que notre esprit regorge d’idées, telle que « Je suis assis sur une chaise. », ou encore « J’aime maman. ». Nous n’éliminons pas ici les idées liées à des émotions ou à l’opposé les idées abstraites (comme « 1+2=3 »). Nous n’éliminons pas non plus les idées fausses (comme « 1+2=4 ») ou encore les idées inconscientes ou non exprimée en langage dans l’esprit de la personne (comme par exemple la sensation de bien-être de se trouver allongé dans son lit).

Interaction entre les gènes et la réalité

A chaque naissance apparaît un nouvel assemblage de gènes exprimés. Ces gènes sont alors testés dans la réalité. Plus ils sont en adéquation avec la réalité et plus ils ont de chances de se diffuser.

De même qu’un humain sera peu efficace tout seul, un gène a besoin d’autres gènes. Une protéine ne peut presque rien faire toute seule, c’est l’assemblage de molécules qui crée les cellules. C’est pourquoi les gènes sont structurés un peu de la même manière que le corps est structuré. Par exemple un gène spécifique au foie n’est d’aucune utilité sans les autres gènes indispensables à l’existence du foie.

Interaction entre les idées et la réalité

Si nous regardons les gènes d’un corps nous pouvons (en théorie) avoir une bonne idée de l’apparence et du fonctionnement de ce corps. De même, si nous regardons toutes les idées constituant l’esprit d’une personne, alors nous avons (en théorie) une très bonne idée de son comportement. Par exemple nous savons si la personne aime et a l’habitude de prendre un petit déjeuné etc.

De même que les gènes se regroupent en briques de base de constructions plus grandes (tel que le foie), de même les idées s’assemblent. Par exemple si la personne sait faire du tennis, cela nécessite beaucoup d’idées telles que: comment attraper un objet, savoir la position du filet, savoir les règles du jeu.

Les gènes sont sélectionnés pour leur adéquation à la réalité, de même le son les idées. Par exemple si une personne a l’idée qu’elle est un oiseau qui sait voler, elle aura alors moins de chance de se reproduire et de diffuser ses idées.

On peut noter que les idées sont soumises à une sélection naturelle ne passant pas forcément par la reproduction du corps porteur des idées: par exemple si un individu a l’idée que nettoyer sa voiture avec un tissu sec est efficace et qu’il voit son voisin nettoyer mieux sa voiture avec une éponge mouillée, alors il est probable qu’il adoptera l’idée que l’éponge mouillée nettoie bien sa voiture.

Nous voyons donc un grand parallèle entre le monde des idées et le monde des gènes, avec aussi des différences:

  • le monde des idées repose sur le monde des gènes (les idées dépendent du cerveau qui dépend des gènes)
  • le monde des idées est plus dynamique: elle se répandent et se sélectionnent plus vite que les gènes.

Structure des gènes et des idées

Si on regarde l’ensemble des gènes, on peut constater que certains ont une place prépondérantes par rapport à d’autres. Par exemple, le gène qui code une protéine indispensable au fonctionnement de toute cellule du corps sera déterminant, alors que le gêne qui code une partie de la forme de l’oreille le sera moins.

Nous voyons donc qu’il existe des gènes fondamentaux, et d’autres moins important. En général les gènes important sont là depuis plus longtemps que les les gènes moins important.

Nous pouvons remarquer que les idées sont aussi structurées par leur importance. Par exemple l’idée « Les idées fausses sont mauvaises » est une idée de base importante, par exemple si on s’aperçoit que « l’avion est en bonne état » est une idée fausse alors il sera bon de la rejetter. Par contre l’idée « Il me reste de la peinture verte » est moins fondamentale.

Organe culturel

Chaque personne a un ensemble de gènes, de même chaque esprit (d’une personne) a un ensemble d’idées. Mais nous pouvons aussi regarder l’espèce humaine comme un nuage flou de gènes, car nous partageons entre nous tous humains un grand ensemble de gènes, et nous avons aussi des gènes différents dont pour certains des gènes uniques.

Il en est de même pour les idées: ce qui est l’équivalent de « l’humain en tant que tel » dans le domaine des gènes, est « la culture » dans le domaine des idées. J’entends ici par culture un nuage d’idées dont certaines centrales sont partagées par pratiquement tous les humains et d’autres en périphéries sont partagées par quelques humains. Une culture est donc un certain ensemble d’idées, flou en périphérie.

Une culture possède, comme pour l’esprit d’une personne, des « briques de base » ou encore « organes ». Par exemple: le christianisme, la presse d’information, la manière de communiquer avec une personne inconnue. De même que pour l’esprit d’un humain, il existent aussi des idées fondamentales dans une culture, par exemple l’idée que l’humain descend du singe a des répercussions sur la vision de ce qu’est un humain (avec son côté animal) et a donc des répercussions sur notre vision de nous-mêmes, ce qui a des répercutions sur notre psychologie.

De même que la sélection naturelle sélectionne les gènes, les organes culturels sont aussi sélectionnés. Par exemple la culture scientifique est un organe qui grossit du fait de son efficacité à augmenter le bien être des individus (et donc leur chances de se reproduire).

La science

Nous pouvons donc voir maintenant que la science est un organe culturel, au même titre que les religions ou tout autre organe. Ce qui rend la science forte, c’est son adéquation à la réalité.

La science est elle même un mécanisme de sélections d’idées. Ce mécanisme est basé principalement sur la preuve, absolue comme en mathématiques, ou basée sur des expériences reproductibles comme pour les autres sciences.

Cette forme de sélection d’idées ne peut pas remplacer la forme de sélection naturelle sur laquelle elle repose. De plus il existe des formes de déduction de vérité non scientifiques et pourtant indispensables, par exemple je sais qu’il y a une carafe d’eau dans la cuisine, non pas par procédé scientifique (expériences décrites et reproduites par d’autres scientifiques), mais simplement par déduction personnelle.

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