Petit exercice de démocratie : et si les états chutaient ?

De l’écroulement à la crise

Imaginons que pour une raison quelconque il n’y ait plus d’État. Cela peut sembler une hypothèse absurde mais on peut imaginer divers scénarios menant à cela comme :

Il n’y a alors plus de police ou d’armée et la distribution de nourriture est interrompue. Le risque de famine et simplement la faim engendre un grand stress dans la population, ajouté à l’absence de forces de l’ordre on peut vite tomber dans le pillage. Ce scénario est pessimiste si des secours sont attendus (d’un autre pays par exemple) car alors les personnes s’investissent dans cette solution, mais il ne l’est pas si l’espoir de retrouver la société d’avant est éteint.

Le problème est qu’il est bien plus rentable de voler quand il n’y a pas de police. Et dans ce cas la famine pousse même à l’anthropophagie comme de nombreux exemples historiques le montre. On ne peut pas espérer un changement pacifique car même s’il était possible de nourrir 70 millions de personnes sans bonnes infrastructures (conservation de la nourriture, répartition entre les zone en surplus et en déficit etc) la transition vers les nouvelles organisations prendrait du temps et entre les deux une famine se répandrait.

Comment éviter cela sans État ?

Pourquoi un retour au local

L’union fait la force, que ce soit pour les pilleurs, comme pour les producteurs. Donc il faut trouver une organisation sociale permettant de se défendre de l’extérieur comme de faire respecter des règles internes. Bref il faut recréer un État. Mais alors comment éviter la corruption de l’organisation sociale qui finit par être vampirisée par une caste ? Voilà qui est intéressant et qui permet de réfléchir sur les travers de notre « démocratie vampirisée ».

Une forme de police (cela peut être tout le monde, des personnes habilitées mais ayant une autre activité, des personnes à temps plein) est évidemment nécessaire.

Une forme de justice est nécessaire pour éviter que chacun fasse sa justice à sa sauce et que cela dégénère en un festival de revanches.

Sans moyens de communication et de transport moderne, il est nécessaire de retomber à l’échelle locale car :

  • les transports sont lents,
  • la communication à distance est lente,
  • on ne peut pas traquer les pilleurs autrement que localement.

Par exemple si on accepte qu’une personne inconnue séjourne quelques jours alors elle pourrait :

  • Repérer le stock de nourriture et repartir une nuit après en avoir voler.
  • Repérer les lieux pour organiser une attaque d’une bande.

On voit que l’on tombe dans les problèmes des tribus traditionnels se faisant des guerres de territoire et où étranger = danger.

Les problèmes ont été résolus petits à petit jusqu’à notre société, alors comment, avec le fruit de l’expérience, faire plus rapidement et mieux ?

Comment construire un État plus démocratique sans technologie ?

Je pense que la grande leçon de l’histoire est :

  • Le besoin de contres pouvoirs pour éviter que le pouvoir ne serve à conserver et augmenter le pouvoir.
  • Il ne faut pas négliger les pouvoirs à long terme comme l’information et l’éducation.
  • Le besoin de lutter contre la corruption : on doit définir de bonnes règles et empêcher qu’elles ne soient détournées.

Les regroupements

Comme pour la défense il faut que les personnes se connaissent il est nécessaire de vivre en groupe restreint (par exemple 200 personnes), en somme de la taille d’un village.

Comme il n’est pas possible de se déplacer et communiquer rapidement il faut que chaque village possède des gens d’armes faisant la police interne ainsi que la première défense face aux pilleurs.

Pour la sécurité il est nécessaire d’établir une surveillance du territoire ainsi qu’une communication la plus rapide possible entre village pour luter contre les invasions et pillages de grands groupes.

Des règles et décisions doivent exister à tout les niveaux de regroupements, par exemple :

  • Une région peut organiser une adduction d’eau.
  • Le plus haut niveau peut décider de frapper monnaie et d’établir des règles contre les faussaires.
  • Le plus haut niveau peut décider d’un système d’entraide entre régions pour compenser les aléas de l’agriculture.

On voit que le regroupement en département, région, État est une bonne chose. Sans moyens technique les différents niveaux de regroupement peuvent élire des représentants pour le niveau supérieur. Ainsi les villages désignent un représentant qui participera à la gouvernance du département, chaque département élis un représentant qui participera à la gouvernance de la région etc.

Un problème de notre système de représentation actuelle est que les élus ont carte blanche et peuvent sans soucis faire le contraire de ce qu’ils ont dit et se faire corrompre (par exemple en étant ensuite embauchés par une entreprise qu’ils ont favorisé).

Pour éviter cela il faut un système anti-corruption indépendant et des règles anti-corruptions bien plus évoluées. De plus il faut que les actes des représentants aient des conséquences sur eux, par exemple qu’il soit possible de les destituer en cours de mandat, de les récompenser ou punir après le mandat. D’autre part, pour éviter que la motivation à être représentant soit à court terme il faut que ce travail reçoive une rémunération médiane (et non forte comme actuellement).

L’information

Un énorme problème de notre démocratie est de l’on ne réalise pas bien les conséquences d’un système de transmission d’idées corrompu par les intérêts particuliers ou d’un groupe et le court terme.

Par exemple dans notre société moderne on devrait n’autoriser que les médias financés et contrôlés par les lecteurs. Ce qui donc interdirait toute publicité puisque c’est un système d’information non contrôlé par le lecteur.

Et le reste…

Il y aurait énormément de choses à organiser, il n’y a ici qu’un exemple de règles de fonctionnement traitant les problèmes actuels.

Montpellier -> Toulouse

Jour 1 : Montpellier -> Béziers, environ 100km

Je passe par la piste longeant la mer, c’est tellement agréable. J’ai un peu de vent de face mais il y a des nuages en début de journée. Je passe la nuit chez des amis, très chouette!

Cliquez sur les images pour agrandir.

Canal et étang, météo parfaite.
Au même endroit
Chemin près d’un canal, entre Agde et Béziers.

Jour 2 : Béziers -> Carcassonne, environ 80km.

La journée s’annonce chaude et je pars tard (9h). Je ne suis presque pas le chemin prévu pour les vélos car elle est trop cahoteuse. Il faut chaud et le soleil tape, mais j’ai un petit vent dans le dos bien aidant et je fais très attention à mon hydratation. Du coup je fais pas mal de départementales mais comme on est dimanche ça va. J’ai pris aussi beaucoup de petites routes désertes, parfois j’ai l’impression que l’humanité n’existe plus.

Des plantes grimpantes faisant des vagues sur tout un champs : elle recouvrent presque totalement les ronces.
La récompense de la montée. Je dirais que l’on devine les Pyrénées à l’horizon.
Autre point du vue du même somment.
Argens-Minervois
La circulation vers Carcassonne augmente, je finis par me trouver une petite départementale qui achève mes jambes mais m’éloigne des redoutables voitures.

Jour 3 : Carcassonne -> 25 km avant Toulouse

Je pensais faire 110km pour aller jusqu’à un camping près de Toulouse. Je me suis levé avant le soleil pour partir au levé du jour. Ma lampe frontale est super pratique d’ailleurs. Mais la fatigue de la veille n’était pas résorbée. De plus il y avait du vent de face vers 20km/h. J’ai des débuts de courbature, alors je m’arrête à mis trajet. De toute manière je pourrai arriver le matin à la bibliothèque de Toulouse puis aller au camping le soir, donc ça va bien comme ça. Je me traîne pour la fin du trajet, il faut dire que les véloroutes avec des cailloux, gravillons et racines bouffent de l’énergie sans pour autant avancer vite. Il ne fait pas trop chaud et il fait nuageux, ouf ça fait du bien.

J’ai prévu la suite : normalement après Toulouse je ne fais quasi que de la voie verte jusqu’à l’Espagne : Agen, sud du bassin d’Arcachon puis je longe la côte. Mais il faut encore étudier les campings sur le trajet. Ce n’est pas facile car il arrive souvent qu’ils cachent des tarifs spéciaux pour cyclistes (quand on arrive à trouver les tarifs!). Par exemple à Carcassonne j’ai payé moitié prix car j’ai demandé d’être proche d’une table et du coup elle m’a mis dans un espace spécial rando/vélo alors que j’avais déjà précisé que j’étais à vélo (et en plus j’avais la table, génial!).

Au petit matin, belle lumière, calme.
Près d’une écluse. Ça donne terriblement envie de voyager.
C’est beau.
Un chapelet d’écluses.
Castelnaudary
J’aime. Bel endroit où je passe quelques heures avant de rejoindre le camping.

J’ai enfin trouvé une carte des véloroutes et voies vertes, et c’est openstreetmap qui la fournie. Les organismes financés par l’état produisent plus des dépliants touristiques que des informations pratiques (c’est pourtant un des rôles de l’État).

Le camping où je souhaitais dormir, malgré que le site web indiquait qu’il était ouvert, était fermé! Déception à l’arrivée. J’envisage de squatter quand même le camping mais il y a des employés. Je trouve un autre camping à 23km fermé mais qui veut bien quand même de moi. Je fonce pour ne pas arriver trop tard, le grand repos de l’après midi m’a un peu remis. Du coup j’aurai peu à faire demain pour Toulouse.

Toulouse et fin

Au matin il y a une rosée équivalente à une pluie. Le linge que j’avais mis à sécher est plus mouillé qu’au départ. Dans la soirée, au vue de la météo j’avais réservé et payé un airbnb. Puis au matin il a cherché à se désister en demandant que ce soit moi qui annule (donc je n’aurais pas été remboursé et il aurait été probablement payé!). Bonne petite embrouille qui reste polie mais prise de tête. Après m’avoir affirmé qu’il n’arrive pas à annuler, je fini par lui dire que je vais ouvrir bientôt un contentieux et oh miracle il arrive soudain à annuler. Ouf problème réglé.

La météo prévoit de la pluie et pour ne pas remballer sous la pluie je devrais rester deux nuits. Énormément de camping ferme fin septembre, et la météo vers l’atlantique n’est pas géniale. Entre les deux plus une fatigue non résorbée j’abandonne, cette expédition est trop tardive. Retour en TER à Montpellier.

Un max de rosée…
Depuis la Haute-Garonne la piste est de bonne qualité, rien à voir avec l’Aude. Ici en ville, elle sert aussi de promenade piéton, très agréable.

Montpellier → Narbonne à vélo

Jour 1 (2/8/2019) : Montpellier → Beziers, 86 km

Trajet : Montpellier, piste vers Palavas, piste vers Sète par Villeneuve les Maguelones et Frontignan, Sète, Agde, et arrivée à Villeneuve Les Béziers au camping « Les Berges du Canal ».

Cliquez sur les images pour agrandir.

Le vélo au départ
La longue piste longeant la mer entre Sète et Agde.
Entre Agde et Béziers
Petit coin d’ombre avec table et chaise, ouf!

C’était un jour chaud (32°) et avec souvent un vent un peu opposé ou de face (environ 30Km/h), quasiment jamais d’ombre sur la route. En même temps le vent me rafraîchissait. Malgré mes boisson anti déshydratation un mal de tête grandissait de plus en plus. J’ai pris la route un peut tard (vers 6h40, j’avais mal mis le réveil) et je suis arrivé exténué à 15h. Je n’avais même plus la force de prendre une douche et me baisser me lançait très fortement à la tête. Heureusement mon emplacement était à l’ombre et j’ai pu me remettre petit à petit. Il faut vraiment que je réduise les étapes par forte chaleur. Je m’aperçois qu’un bidon au cadre est indispensable en cas de forte chaleur, car il est conseillé de boire souvent plutôt qu’un gros paquet d’un coup. Les bananes c’est vraiment bien comme en-cas sportif. Le soir je mange 1L de soupe bio et des abricots, bon reconstituant. Malgré que je reste deux jours je dois garder le rythme et je me couche à la tombé de la nuit, je commence à dormir tente ouverte (encore heureux je n’ai pas eu de bestiole). Malgré tout ça je suis content, vive l’aventure et le sport!

Jour 2 : repos à Béziers

Je reste à Béziers, j’ai besoin de repos et ils ont une super bibliothèque avec sale d’étude et la clim, ouf!

Jour 3 : Béziers -> Narbonne

Mon plan d’aller à Carcassonne avec une étape à Narbonne car la chaleur est très dur.

Ça devait être une étape facile mais le trajet que j’avais préparé n’était pas bon, les petites routes n’existaient plus et je me suis retrouver à m’enfoncer dans des marais séchés espérant rejoindre un bon chemin que je voyais sur google satellite. Mais le chemin avait disparu aussi, fermé par une barrière (sans doute un propriétaire qui a décider d’arrêter le passage par son terain). Résultat le temps passait, la chaleur augmentait et à pied avec des herbes jusqu’au hanches ce n’est pas génial. Ça plus le vent c’était dur. J’ai trouvé un endroit pour faire une grosse pause avec hamac, mais les pins parasols ne protège pas bien des UV -> coup de soleil…

En repartant la route que je comptait prendre était surchargée, alors j’ai choisis une voie vaguement cyclable mais qui passait par des détours et des côtes, qui, additionnés à la chaleur, le béton/bitume et mon coup de soleil m’ont achevé. Jocker train -> maison.

En conclusion

Les fortes chaleurs c’est l’enfer pour le cyclotourisme :

  • Il faut se lever super tôt, ranger dans le noir, pour partir le plus tôt possible.
  • Quand on arrive au camping on se douche et lave ses habits, mais après on transpire encore alors il faut se relaver ainsi que les habits du soir!
  • La chaleur fatigue, même bien hydraté.
  • L’ombre n’est plus une zone de rafraîchissement mais juste de repos. Le corps continue de souffrir de surchauffe.
  • Il fait trop chaud dans la tente pour s’endormir, il faut laisser ouvert ou dormir en hamac quand c’est possible.
  • Une fois à destination il faut trouver un endroit où se réfugier car en général on est naze, recherche de clim etc, ce n’est pas marrant.