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La publicité ou l’égémonie de l’idéologie dominante

En se promenant en ville on peut constater une grande uniformité des couleurs et des bâtiments. Ce n’est pas un hasard, les habitants sont légalement obligés de donner aux façades un aspect précis, seules certaines couleurs sont autorisées, pas de message, pas d’image. On pourrait croire l’argumentation soutenant ces règles légales: il faut harmoniser les habitations pour que ça ne soit pas trop moches. Mais alors pourquoi ne pas harmoniser les habits comme le faisait la chine ? Pourquoi l’uniformité serait moins moche que la diversité ?

Quand il s’agit de diffuser l’opinion dominante, là, il n’est plus question d’esthétique par l’uniformisation et notre champs visuel devient envahi de publicités: métro, tramway, bus, voies publiques. Là le discourt dominant est l’apport d’originalité, de couleurs etc.


On pourrait penser que la publicité ne diffuse pas une opinion tellement on baigne dedans, tellement on manque de contraste. Et pourtant, les publicités poussent à ne pas réfléchir, elles sont manipulatrices et donc traduisent du mépris pour les personnes. Mépriser une personne en cherchant à la manipuler c’est diffuser une opinion: on veut que vous soyez bêtes pour pouvoir vous contrôler. En contrôlant la communication pour ne laisser place dans nos villes qu’à des messages de manipulation l’idéologie dominante diffuse ce message: nous avons le pouvoir, nous contrôlons votre vie et nous voulons que vous soyez bêtes.

Nous communiquons par notre aspect et l’aspect de nos objets (dont nos habits et nos habitations). Notre communication est quelque chose d’intime et donc de très important. Porter atteinte à cette intimité est un symbole fort de possession de la personne par la société. C’est pourquoi les groupes à forte hiérarchie (militaires, entreprises etc) contrôlent fortement l’aspect des personnes.

Pour moi il est clair que le contrôle actuel de l’aspect visuel des habitations est simplement un contrôles des individus qui nous paraîtra un jour aussi monstrueux que le contrôle vestimentaire qui sévissait en Chine.

Ma vie rêvée en tribu

Introduction

Ce texte a pour but d’expliquer pourquoi et comment j’ai envie de vivre en tribu. J’exprime mes envies, et non un minumum nécessaire. Je vais partir de mes besoins les plus profonds pour aller petit à petit vers les aspects pratiques. Je pars de mes besoins profonds/animaux car je ressens que la vie est bien faite et qu’il n’y a pas d’opposition profonde entre ses propres besoins et les besoins de son environnement.

Mes besoins

Comme tout animal je suis motivé par des instincts: manger, dormir, protection de ma progéniture, sexualité etc.
Comme tout animal social je suis motivé par des instincts sociaux: j’aime être avec d’autres humains, j’aime donner des marques d’affection et en recevoir, j’aime exprimer mes émotions et ressentir celles des autres, j’aime vivre en groupe etc.
Comme tout humain j’ai besoin de satisfaire les instincts très développés chez l’esprit humain: la curiosité/le goût de l’exploration, le besoin d’harmonie/cohérence.

Un peu en pratique

En tant qu’animal social j’ai un besoin fort de vivre dans une tribu. Je vois cette tribu comme un organisme vivant en lui-même: une tribu a des moyens d’actions matériel et aussi un esprit.

Pour réaliser mes besoins matériels (nourriture, sécurité physique, chauffage etc) j’ai besoin d’être dans un groupe où je peux participer efficacement à la réalisation de ces besoins. Je veux pouvoir me sentir en sécurité par rapport à mes besoins impérieux (manger etc) et je peux être souple à court terme sur mes besoins à plus long terme.

J’ai besoin que cet esprit collectif soit bon pour la tribu, il faut donc qu’il ait une bonne manière de penser:

  • que les pensées individuelles (émotions, raisonnement, faits etc) puissent circuler
  • que les pensées individuelles puissent interagir pour former une pensée collective. Comme toute pensée une pensée collective doit pouvoir:
    • Pour motiver ses actions: avoir des émotions. Par exemple une tribu pourra évaluer son enthousiasme pour un projet avant de décider de s’y lancer ou non. Ou encore une tribu pourra évaluer son bien être pour savoir à quel point elle a besoin de se concentrer sur les problèmes à résoudre. De même qu’il est bon de penser à ses émotions pour un individu, il est bon de le faire pour la tribu entière.
    • Pour prendre des décisions : faire des choix. Il faut donc faire des hypothèses, les évaluer, imaginer l’avenir etc.
    • Pour faire des choix il faut pouvoir établir des vérités (faits, représentation du monde etc). Une tribu peut avoir besoin d’établir des vérités, et donc avoir un processus pour cela. Par exemple la tribu peut chercher à savoir si l’eau d’un puits est potable et déterminer qu’elle n’est pas potable. Sauf à remettre en cause cette vérité, la tribu n’a alors plus besoin de prendre en compte l’hypothèse d’un puits d’eau potable.
      Ce processus d’établissement de vérité se passe aussi dans l’esprit des personnes: cela permet de réfléchir sans prendre en compte des milliards d’hypothèses. Comme pour l’esprit d’un individu, il est important pour la tribu de pouvoir réévaluer les vérités établies et aussi rester dans le flou s’il n’y a pas de besoin d’établir une vérité.
      Ces vérités de tribu n’empêchent pas chaque individu d’avoir ses propres vérités, mais l’individu sait qu’il y a des moments dans la tribus pour réfléchir sur l’une de ses vérités, et d’autres moments où il est bon de raisonner à partir des vérités de la tribus.
      Dans les groupes où ce processus n’existe pas on voit souvent des individus faire du lobbying permanent pour soutenir ses vérités, au détriment de la prise de décision. Dans les groupes où le besoin de vérités communes est forte (comme une nation), on assiste souvent à un « gouvernement des esprits » (école, mass-média etc) autoritaire (Voir « Mémoires pour servir à l’Histoire de mon temps » de François Guizot, Tome 3, voir http://www.gutenberg.org/cache/epub/15433/pg15433.html et chercher « gouvernement des esprits »).
    • Pouvoir gérer les situations de stress. Dans un groupe, le mécanisme habituel de prise de décision en cas de stress est basé sur la hiérarchie: un individu dominant parle plus fort et édicte ce qu’il faut faire. Dans une situation de stress, si le groupe n’arrive plus à utiliser ses processus habituels (par manque de temps ou autre) alors on retombe dans les mécanismes habituels si l’on n’a rien prévu d’autre. Je trouve bon et sécurisant de prévoir diverses versions simplifiées plus ou moins rapides des processus de décision et de ne pas se baser sur une hiérarchie.
  • que l’organisation de la pensée soit une recherche du bien-être individuel et collectif

Les décisions de la tribu sur l’organisation sont très importantes et concernent tout le monde, c’est pourquoi je trouve très important que toutes les personnes de la tribu puissent être conscientes en profondeur de l’organisation pour pouvoir imaginer des changements possibles et les insuffler.

J’ai besoin de rechercher l’harmonie: je souhaite vivre dans un lieu beau, où l’organisation de la tribu est belle, j’ai besoin de passer du temps pour rechercher cette beauté. Une belle organisation de la tribu demande à ce que j’adhère profondément (par choix hein) à son mode de fonctionnement, plutôt que de ressentir des règles en contrainte.

J’ai besoin de passer du temps pour explorer, créer, satisfaire ma curiosité et mes rêves.

Plus en pratique

Sur les personnes

Sur l’entrée de nouvelles personnes

Les personnes ont une grande importance dans ce qu’est la tribu. C’est pourquoi le fait d’inviter à intégrer la tribu une personne plutôt qu’une autre est un pouvoir important. C’est pourquoi je trouve très important que ce pouvoir soit équilibré entre les membres de la tribu.

Sur la diversité des âges

L’idéal est une tribu qui a une pyramide des âges peu changeante dans le temps, ainsi elle n’est pas déséquilibrée au cours des années.

Sur la diversité culturelle

Pour moi une tribu idéale est attirante pour l’extérieur et peut intégrer toute personne: autoritaire, non-autoritaire etc. Une personne autoritaire pourrait évoluer au contact de la tribu. Plus une tribu est forte et plus elle peut comprendre, dialoguer, s’adapter. Je trouve très enrichissant la recherche de dialogue avec des personnes éloignées de ma manière de pensée, c’est pour moi une énigme à résoudre, un jeu de piste qui pousse à explorer l’esprit humain. Mais présumer de ses forces est dangereux. Je trouve sain de rechercher une petite diversité culturelle au début et de chercher à l’élargir progressivement par la suite.

Sur les comportements des personnes

Pour la recherche et l’acceptation des personnes, je trouve bon que la tribu détermine ce qu’elle souhaite comme profil culturel. Par exemple: personne pratiquant la CNV etc. Mais je trouve que ce profil culturel ne doit pas être une norme à suivre pour les personnes faisant parti de la tribu car c’est une liberté intime que de penser ce que l’on veut.

Une valeur morale est une règle souvent associée à une punition (qui peut être une réprimande, menace de mise à l’écart etc). Pour moi les valeurs morales sont un pis-aller. Je pense qu’à long terme on peut toujours remplacer une valeur morale par une meilleure compréhension et organisation. Par exemple pour une personne qui ne veut pas discuter, à la place de faire une pression morale on peut toujours proposer pour rétablir le dialogue:

  • un médiateur
  • d’écouter sans parler
  • un rdv pour discuter après une période déterminée de non dialogue
  • de dialoguer par texte, mime, etc

Sur l’organisation

Les lieux

J’ai envie que la tribu puisse manger ensemble si elle le souhaite, qu’elle ait des espaces communs tels que bibliothèque, bureau, salle de jeux, atelier bricolage.

Sur les réunions

Je trouve bien d’avoir une réunion chaque soir pour faire le bilan de la journée et réfléchir à l’organisation des journées suivantes. Souvent dans les rencontres non-sco que je fais on ne fait pas ça et à la fin de la rencontre je m’aperçois que ça a manqué: des problèmes qui ont couvé plutôt que d’être gérés en groupe, un manque d’échange dans l’organisation etc.

Je trouve bien d’avoir des réunions cherchant à fonctionner comme un esprit (l’esprit de la tribu). Je trouve qu’une bonne base est l’organisation en cercle sociocratique.

Sur l’écologie

Dans « écologie » je comprend l’idée qu’une planète ou un lieu un peu grand est lui même un organisme vivant qui a donc besoin de différents éléments, d’un certain équilibre, et qui peut mourir s’il est trop agressé. Je n’ai pas d’idée spéciale sur l’écologie, simplement j’aime certaines choses et donc je veux y faire attention. Je me décide au coup par coup suivant les circonstances et donc chacune de mes décisions tient compte de la santé de mon environnement.
On ne peut pas réellement et durablement protéger et choyer son environnement si on a l’impression de ne pas pouvoir se protéger et choyer soi-même. C’est pourquoi je ne vois qu’une réelle issue à notre déchéance environnementale: c’est un changement culturel profond permettant aux personnes de réconcilier la recherche du bien-être individuel et la recherche du bien-être collectif.

Sécurité: Des règles fixées

Introduction

Les règles que je décris ci-dessous sont à la tribu ce que les réflexes sont à l’humain: un système qui ne reflète pas l’esprit mais qui offre une sécurité nous permettant d’être plus sereins dans nos explorations.

Sur la sécurité matérielle

Pour assurer au mieux la sécurité matérielle des individus, je souhaite fortement un cadre juridique qui assure de pouvoir récupérer au mieux l’argent engagé dans un délai raisonnable pour les deux partis.

Les règles de base

Certaines règles influencent fortement les autres règles, elles ont donc une grande importance.
Par exemple une société qui laisse un pouvoir médiatique fort aux mains d’un clan laisse alors beaucoup de pouvoir à ce clan, suffisamment pour qu’il ait le pouvoir de défendre et augmenter son pouvoir. On voit donc que les règles sur la communication dans la société sont des règles très importantes.
Un autre exemple : si la tribu adopte la règle comme quoi les décisions importantes doivent se prendre à l’unanimité, alors il n’est pas possible de revenir à une autre règle à moins d’avoir l’unanimité. Cette règle s’influence donc elle-même puisqu’elle favorise sa fixité.

Je trouve très important d’avoir un système qui permette de changer les règles de base sans que ces règles interfèrent dans ces changements.

Exemple de règle fixe:

Une règle peut être adoptée suivant les conditions suivantes:

  • Le texte est adopté par vote à bulletin secret, à la majorité simple des membres plus une voix.
  • Le texte de la règle proposée doit être fourni à tous les membres au moins un mois avant le vote.
  • Un vote ne peux avoir lieu qu’au moins six mois après le dernier vote.
  • Au cas où plusieurs règles sont proposées, un vote est organisé pour choisir la règle qui sera sujette au vote.

Cette règle est un garde fou, un système de secours (d’où le délai de 6 mois), l’utiliser est signe d’un problème.
C’est une sécurité qui permet de se rétablir d’une situation bloquée. Avec une telle sécurité on peut plus facilement se permettre d’expérimenter des règles de décisions qui peuvent paraître risquées, une telle règle permet donc d’être plus serein pour changer les règles.