Idées et culture

Nous allons exposer ici un parallèle entre les gènes et les idées, puis entre un corps biologique et une conscience. Cela nous permettra de voir plus clairement comment est structuré le monde des idées.

Définition d’une idée

Nous savons par la pratique que notre esprit regorge d’idées, telle que « Je suis assis sur une chaise. », ou encore « J’aime maman. ». Nous n’éliminons pas ici les idées liées à des émotions ou à l’opposé les idées abstraites (comme « 1+2=3 »). Nous n’éliminons pas non plus les idées fausses (comme « 1+2=4 ») ou encore les idées inconscientes ou non exprimée en langage dans l’esprit de la personne (comme par exemple la sensation de bien-être de se trouver allongé dans son lit).

Interaction entre les gènes et la réalité

A chaque naissance apparaît un nouvel assemblage de gènes exprimés. Ces gènes sont alors testés dans la réalité. Plus ils sont en adéquation avec la réalité et plus ils ont de chances de se diffuser.

De même qu’un humain sera peu efficace tout seul, un gène a besoin d’autres gènes. Une protéine ne peut presque rien faire toute seule, c’est l’assemblage de molécules qui crée les cellules. C’est pourquoi les gènes sont structurés un peu de la même manière que le corps est structuré. Par exemple un gène spécifique au foie n’est d’aucune utilité sans les autres gènes indispensables à l’existence du foie.

Interaction entre les idées et la réalité

Si nous regardons les gènes d’un corps nous pouvons (en théorie) avoir une bonne idée de l’apparence et du fonctionnement de ce corps. De même, si nous regardons toutes les idées constituant l’esprit d’une personne, alors nous avons (en théorie) une très bonne idée de son comportement. Par exemple nous savons si la personne aime et a l’habitude de prendre un petit déjeuné etc.

De même que les gènes se regroupent en briques de base de constructions plus grandes (tel que le foie), de même les idées s’assemblent. Par exemple si la personne sait faire du tennis, cela nécessite beaucoup d’idées telles que: comment attraper un objet, savoir la position du filet, savoir les règles du jeu.

Les gènes sont sélectionnés pour leur adéquation à la réalité, de même le son les idées. Par exemple si une personne a l’idée qu’elle est un oiseau qui sait voler, elle aura alors moins de chance de se reproduire et de diffuser ses idées.

On peut noter que les idées sont soumises à une sélection naturelle ne passant pas forcément par la reproduction du corps porteur des idées: par exemple si un individu a l’idée que nettoyer sa voiture avec un tissu sec est efficace et qu’il voit son voisin nettoyer mieux sa voiture avec une éponge mouillée, alors il est probable qu’il adoptera l’idée que l’éponge mouillée nettoie bien sa voiture.

Nous voyons donc un grand parallèle entre le monde des idées et le monde des gènes, avec aussi des différences:

  • le monde des idées repose sur le monde des gènes (les idées dépendent du cerveau qui dépend des gènes)
  • le monde des idées est plus dynamique: elle se répandent et se sélectionnent plus vite que les gènes.

Structure des gènes et des idées

Si on regarde l’ensemble des gènes, on peut constater que certains ont une place prépondérantes par rapport à d’autres. Par exemple, le gène qui code une protéine indispensable au fonctionnement de toute cellule du corps sera déterminant, alors que le gêne qui code une partie de la forme de l’oreille le sera moins.

Nous voyons donc qu’il existe des gènes fondamentaux, et d’autres moins important. En général les gènes important sont là depuis plus longtemps que les les gènes moins important.

Nous pouvons remarquer que les idées sont aussi structurées par leur importance. Par exemple l’idée « Les idées fausses sont mauvaises » est une idée de base importante, par exemple si on s’aperçoit que « l’avion est en bonne état » est une idée fausse alors il sera bon de la rejetter. Par contre l’idée « Il me reste de la peinture verte » est moins fondamentale.

Organe culturel

Chaque personne a un ensemble de gènes, de même chaque esprit (d’une personne) a un ensemble d’idées. Mais nous pouvons aussi regarder l’espèce humaine comme un nuage flou de gènes, car nous partageons entre nous tous humains un grand ensemble de gènes, et nous avons aussi des gènes différents dont pour certains des gènes uniques.

Il en est de même pour les idées: ce qui est l’équivalent de « l’humain en tant que tel » dans le domaine des gènes, est « la culture » dans le domaine des idées. J’entends ici par culture un nuage d’idées dont certaines centrales sont partagées par pratiquement tous les humains et d’autres en périphéries sont partagées par quelques humains. Une culture est donc un certain ensemble d’idées, flou en périphérie.

Une culture possède, comme pour l’esprit d’une personne, des « briques de base » ou encore « organes ». Par exemple: le christianisme, la presse d’information, la manière de communiquer avec une personne inconnue. De même que pour l’esprit d’un humain, il existent aussi des idées fondamentales dans une culture, par exemple l’idée que l’humain descend du singe a des répercussions sur la vision de ce qu’est un humain (avec son côté animal) et a donc des répercussions sur notre vision de nous-mêmes, ce qui a des répercutions sur notre psychologie.

De même que la sélection naturelle sélectionne les gènes, les organes culturels sont aussi sélectionnés. Par exemple la culture scientifique est un organe qui grossit du fait de son efficacité à augmenter le bien être des individus (et donc leur chances de se reproduire).

La science

Nous pouvons donc voir maintenant que la science est un organe culturel, au même titre que les religions ou tout autre organe. Ce qui rend la science forte, c’est son adéquation à la réalité.

La science est elle même un mécanisme de sélections d’idées. Ce mécanisme est basé principalement sur la preuve, absolue comme en mathématiques, ou basée sur des expériences reproductibles comme pour les autres sciences.

Cette forme de sélection d’idées ne peut pas remplacer la forme de sélection naturelle sur laquelle elle repose. De plus il existe des formes de déduction de vérité non scientifiques et pourtant indispensables, par exemple je sais qu’il y a une carafe d’eau dans la cuisine, non pas par procédé scientifique (expériences décrites et reproduites par d’autres scientifiques), mais simplement par déduction personnelle.

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