Émotions et langage

Remarques préliminaires

On entend souvent parler de la « volonté du corps » pour signifier une partie de notre esprit proche de systèmes fondamentaux et loin de notre volonté. Cette partie de notre esprit, je la situe certe loin de la volonté, mais quand même dans le cerveau.

À quoi sert un cerveau

Au final, si nous avons un cerveau, c’est pour orienter notre corps vers de « bons » choix. Ainsi nous allons vers la cuisine pour manger plutôt que d’attendre que la nourriture arrive à nous comme le ferait une anémone de mer. Pour arriver à cette performance extraordinaire de prévoir le futur et de connaître ce dont nos sens ne nous informe pas, nous devons avoir tout un système de représentation de notre univers et tout un système de prise de décision.

La prise de décision

Le rôle des émotions

Prendre une décision en fonction d’une multitude de paramètres n’est pas une chose facile. Par exemple si vous êtes en croisière sur un bateau vous êtes conscient de nombreux paramètres allant de la vitesse du vent jusqu’à la réserve de nourriture. Un seul paramètre peut prendre la suprématie sur tous les autres: par exemple si vous savez qu’un paquebot se dirige vers vous il faut prendre en compte cette information en priorité. Mais comment décider du poids de l’importance de chaque information ? C’est là que rentre en jeu l’émotion, elle donne une intensité et un type d’émotion à chaque information. C’est pourquoi nos décisions sont prises au final par nos émotions.

Brimer ses émotions

On pourrait croire que le rôle des émotions décrit ci-dessus est en contradiction avec l’image de la personne non émotive, intellectuelle, qui prend ses décisions sans émotion apparentes. Pour mieux comprendre le fonctionnement de ces personnes regardons leur histoire. On peut constater qu’elles sont élevées elles-même dans le mépris des émotions. Mais le mépris est lui-même une émotion! Par exemple un parent pourra dire à une enfant montrant une émotion de peur: « Tu mets ta peur dans une petite boîte et tu la jettes. ». Ainsi l’adulte soit disant non émotif est construit à partir d’un enfant émotif à qui on a enseigné à mépriser et cacher ses émotions. Pour arriver à cette folle performance, l’esprit de l’enfant sera obligé de contrecarrer les émotions en utilisant la haine de ses émotions et la peur des réactions provoquées par l’expression de ses émotions. On voit donc qu’une personne cachant profondément ses émotions est très très probablement une personne émotive tournant des émotions négatives contre elle-même.

Et la raison ?

La raison n’est pas un mécanisme fondamentale de notre esprit, c’est une fonction qui s’acquiert petit à petit par expérience. Ainsi un petit enfant a une logique très floue et pourra dire par exemple « Encore heureux que je n’aime pas les épinards, parce que si je les aimais alors j’en mangerais! ». L’expérience qu’il fait sur la raison dépend de son milieu, ainsi si sa culture environnante comporte beaucoup de mensonges et autres déraisons alors il aura du mal à développer sa raison par imitation car il vivra dans un environnement avec des idées souvent contradictoires.

Exemple: Un enfant monte à un arbre. Le parent dit « Tu vas tomber ». L’enfant s’aperçoit plus tard qu’il ne tombe pas en montant à l’arbre. En fait le parent voulait dire « J’ai peur que tu tombes, arrête. ». Par imitation, l’enfant utilisera un langage déformé par rapport à ses pensées. Or le langage est un outils fondamentale du raisonnement.

La raison et la société

La raison est bien vue, par exemple on dit « j’ai raison ». Comme toute chose bien vue, les dominants s’attribuent cette vertu. Ainsi nos dirigeant font tout pour se parer des atours de la raison même dans leurs plus profonds délires. Comme nous sommes très soumis à notre système culturel, nous ne remettons presque pas en cause la définition notre vision de la raison et de « l’homme de raison ». Il en résulte que beaucoup de personnes rejetant la trop grande hiérarchie de notre société (par ex. dans le mouvement alternatif) rejettent aussi la raison! Cela est dû à la croyance que la raison et « le réel » est le mode de fonctionnement de nos dirigeants alors que ce n’est qu’une apparence en vue d’une domination idéologique.

Idées et culture

Nous allons exposer ici un parallèle entre les gènes et les idées, puis entre un corps biologique et une conscience. Cela nous permettra de voir plus clairement comment est structuré le monde des idées.

Définition d’une idée

Nous savons par la pratique que notre esprit regorge d’idées, telle que « Je suis assis sur une chaise. », ou encore « J’aime maman. ». Nous n’éliminons pas ici les idées liées à des émotions ou à l’opposé les idées abstraites (comme « 1+2=3 »). Nous n’éliminons pas non plus les idées fausses (comme « 1+2=4 ») ou encore les idées inconscientes ou non exprimée en langage dans l’esprit de la personne (comme par exemple la sensation de bien-être de se trouver allongé dans son lit).

Interaction entre les gènes et la réalité

A chaque naissance apparaît un nouvel assemblage de gènes exprimés. Ces gènes sont alors testés dans la réalité. Plus ils sont en adéquation avec la réalité et plus ils ont de chances de se diffuser.

De même qu’un humain sera peu efficace tout seul, un gène a besoin d’autres gènes. Une protéine ne peut presque rien faire toute seule, c’est l’assemblage de molécules qui crée les cellules. C’est pourquoi les gènes sont structurés un peu de la même manière que le corps est structuré. Par exemple un gène spécifique au foie n’est d’aucune utilité sans les autres gènes indispensables à l’existence du foie.

Interaction entre les idées et la réalité

Si nous regardons les gènes d’un corps nous pouvons (en théorie) avoir une bonne idée de l’apparence et du fonctionnement de ce corps. De même, si nous regardons toutes les idées constituant l’esprit d’une personne, alors nous avons (en théorie) une très bonne idée de son comportement. Par exemple nous savons si la personne aime et a l’habitude de prendre un petit déjeuné etc.

De même que les gènes se regroupent en briques de base de constructions plus grandes (tel que le foie), de même les idées s’assemblent. Par exemple si la personne sait faire du tennis, cela nécessite beaucoup d’idées telles que: comment attraper un objet, savoir la position du filet, savoir les règles du jeu.

Les gènes sont sélectionnés pour leur adéquation à la réalité, de même le son les idées. Par exemple si une personne a l’idée qu’elle est un oiseau qui sait voler, elle aura alors moins de chance de se reproduire et de diffuser ses idées.

On peut noter que les idées sont soumises à une sélection naturelle ne passant pas forcément par la reproduction du corps porteur des idées: par exemple si un individu a l’idée que nettoyer sa voiture avec un tissu sec est efficace et qu’il voit son voisin nettoyer mieux sa voiture avec une éponge mouillée, alors il est probable qu’il adoptera l’idée que l’éponge mouillée nettoie bien sa voiture.

Nous voyons donc un grand parallèle entre le monde des idées et le monde des gènes, avec aussi des différences:

  • le monde des idées repose sur le monde des gènes (les idées dépendent du cerveau qui dépend des gènes)
  • le monde des idées est plus dynamique: elle se répandent et se sélectionnent plus vite que les gènes.

Structure des gènes et des idées

Si on regarde l’ensemble des gènes, on peut constater que certains ont une place prépondérantes par rapport à d’autres. Par exemple, le gène qui code une protéine indispensable au fonctionnement de toute cellule du corps sera déterminant, alors que le gêne qui code une partie de la forme de l’oreille le sera moins.

Nous voyons donc qu’il existe des gènes fondamentaux, et d’autres moins important. En général les gènes important sont là depuis plus longtemps que les les gènes moins important.

Nous pouvons remarquer que les idées sont aussi structurées par leur importance. Par exemple l’idée « Les idées fausses sont mauvaises » est une idée de base importante, par exemple si on s’aperçoit que « l’avion est en bonne état » est une idée fausse alors il sera bon de la rejetter. Par contre l’idée « Il me reste de la peinture verte » est moins fondamentale.

Organe culturel

Chaque personne a un ensemble de gènes, de même chaque esprit (d’une personne) a un ensemble d’idées. Mais nous pouvons aussi regarder l’espèce humaine comme un nuage flou de gènes, car nous partageons entre nous tous humains un grand ensemble de gènes, et nous avons aussi des gènes différents dont pour certains des gènes uniques.

Il en est de même pour les idées: ce qui est l’équivalent de « l’humain en tant que tel » dans le domaine des gènes, est « la culture » dans le domaine des idées. J’entends ici par culture un nuage d’idées dont certaines centrales sont partagées par pratiquement tous les humains et d’autres en périphéries sont partagées par quelques humains. Une culture est donc un certain ensemble d’idées, flou en périphérie.

Une culture possède, comme pour l’esprit d’une personne, des « briques de base » ou encore « organes ». Par exemple: le christianisme, la presse d’information, la manière de communiquer avec une personne inconnue. De même que pour l’esprit d’un humain, il existent aussi des idées fondamentales dans une culture, par exemple l’idée que l’humain descend du singe a des répercussions sur la vision de ce qu’est un humain (avec son côté animal) et a donc des répercussions sur notre vision de nous-mêmes, ce qui a des répercutions sur notre psychologie.

De même que la sélection naturelle sélectionne les gènes, les organes culturels sont aussi sélectionnés. Par exemple la culture scientifique est un organe qui grossit du fait de son efficacité à augmenter le bien être des individus (et donc leur chances de se reproduire).

La science

Nous pouvons donc voir maintenant que la science est un organe culturel, au même titre que les religions ou tout autre organe. Ce qui rend la science forte, c’est son adéquation à la réalité.

La science est elle même un mécanisme de sélections d’idées. Ce mécanisme est basé principalement sur la preuve, absolue comme en mathématiques, ou basée sur des expériences reproductibles comme pour les autres sciences.

Cette forme de sélection d’idées ne peut pas remplacer la forme de sélection naturelle sur laquelle elle repose. De plus il existe des formes de déduction de vérité non scientifiques et pourtant indispensables, par exemple je sais qu’il y a une carafe d’eau dans la cuisine, non pas par procédé scientifique (expériences décrites et reproduites par d’autres scientifiques), mais simplement par déduction personnelle.

J’aime ces jeux

Sur la communication

  • Le théâtre improvisé: on décide chacun d’un personnage et on improvise. C’est très drôle d’inverser les rôles par rapport à la vie réelle. Pour décider des rôles on peut écrire des situations sur des petits papiers puis on tire au sort.
  • Le théâtre forum: on discute d’un problème entre individus et on fait des scènes improvisées pour expérimenter des situations.
  • Le jeu du médiateur: Comme le théâtre improvisé avec en plus que l’un des rôle est un médiateur qui essaie de faire au mieux son travail.

Sur le mensonge et la manipulation

  • Le jeu (de carte) le « loup garou »
  • Le jeu de carte « le menteur »

Autre jeux marrant, mais moins

Sur la guerre et le commerce

Le jeux d’échec: être efficace à tout prix, au mépris de l’autre.

Sur l’urbanisme

Sim-City

Inventer des combles

En fait, l’idée est de faire des doubles sens rigolos, par exemple:

  • Le comble de l’écrivain: Avoir l’angoisse de la page blanche et en faire toute une histoire.
  • Le comble du charcuter: Être un vrai cochon.
  • Le comble du maçon: Être prisonnier et faire le mur.

Problèmes (et solutions ?) sur l’exclusion

But de ce texte

Se faire exclure d’un groupe est très pénible, par exemple un parent qui menace son enfant de l’abandonner, un adulte qui se fait mettre à pied à son travail, un mari qui décide de divorcer. Nous vivons dans et par le groupe, se faire exclure est souvent une douleur très forte. Bien souvent dans les groupes on ne parle pas de l’exclusion, que ce soit par peur de réveiller le démon ou encore de tomber dans des travers pires que le mal. Mais je pense qu’il vaut mieux essayer de trouver des solutions moins pires que celles actuelles.

Déterminer le « méchant » ?

Souvent est associé à l’exclusion un système de procès où on détermine un méchant. Mais on peut avoir exclusion sans agression, par exemple si une personne ne se déplace qu’avec son chat et qu’une autre est allergique au chat. Il ne s’agit pas ici de déterminer des méchants mais de résoudre le problème d’une personne incompatible avec une ou des autres, sans juger de la cause ou de la personne à l’origine de l’incompatibilité.

Les formes courantes d’exclusion

Les critères

  • Par l’argent. Par exemple on organise une sortie dans un groupe mais il faut payer cher.
  • Par des critères physiques ou vestimentaires.
  • Par des critères comportementaux: agressivité, timidité, rebélion etc.

Les pratiques

L’exclusion peut avoir comme origine un individu isolé, un groupe entier ou encore d’autres origines:

  • Dans une organisation hiérarchique: le chef a le pouvoir d’exclusion.
  • Dans une organisation non structurée: en augmentant l’agressivité globale du groupe envers un individu: les personnes discutent dans le dos d’une personne à exclure, disent de mal d’elle, la ridiculise etc. Quand il y a un niveau suffisent de rejet alors des personnes osent être agressives envers la personne à exclure. C’est une forme de procès informel sans preuves ni jugement.
  • Par des critères pratiques: éloignement géographique d’une personne etc
  • Par l’agressivité d’une seule personne (consciemment ou non) envers une ou plusieurs personnes.
  • Par la guerre du territoire: espace sonore ou physique. Par exemple un individu qui prend la parole de force et parle fort peut exclure des personnes cherchant un partage équitable du temps de parole.

L’absence de structure n’implique pas l’absence d’exclusion

Un texte fondamentale: La tyrannie de l’absence de structure

Un groupe qui se veut sans règle aura souvent des formes d’exclusion agressives (voir ci dessus). On pourra arriver à une situation (fréquente) où un seul individu arrive (consciemment ou non) à exclure plusieurs autres (voir à arrêter le groupe) sans qu’aucune discussion n’ait lieu.

Alors que faire ?

Les blocages

La crainte pour la liberté

S’organiser en groupe c’est reprendre du pouvoir sur sa vie, mais c’est aussi modifier le groupe et prendre sa part de pouvoir sur le groupe. Chacun tient à sa liberté et quand on émet des idées de changement, on a bien souvent une résistance dûe à la défense des libertés. Ces libertés peuvent être légitimes ou non, cela peut être la liberté du chef d’organiser le groupe à sa guise, comme la liberté d’un libertaire tenant à ne pas se trouver dans une organisation encore plus hiérarchique.

Il faut donc avancer lentement en prenant soin de trouver des solutions comprises, décidées et acceptées par presque tous.

Tout le monde est gentil

Souvent quand on arrive dans un groupe on veut se montrer aimable (qui peut être aimé) et on n’a pas très envie de soulever des problèmes. Car soulever les problèmes c’est risquer de désorganiser le groupe, de se faire exclure ou mal voir. Pourtant régler les problèmes permet d’avancer plus loin. Mais nous ne sommes pas à l’aise dans cette tâche car nous sommes dans une culture autoritaire et si nous avons l’habitude de faire la guerre, nous sommes bien faibles pour arranger les choses (sans tomber dans la violence).

Idées de solutions

L’information

Comme tout système de traitement d’information (ce qui est le cas pour un groupe de personnes) il est important que l’information soit disponible. C’est pourquoi il est important qu’une personne qui part parce qu’elle se sent exclue l’exprime au groupe.

Parler des problèmes avant

Oser organiser un débat sur le sujet pour réfléchir au problème avant qu’il surgisse. Par expérience je m’aperçois que les problèmes d’exclusions sont présent dans la grande majorité des groupes. Une situation exécrable est de mélanger un procès informel contre une personne tout en discutant de règles d’exclusion.

Profiter des mini-problèmes qui annoncent les gros

Il arrive souvent que des personnes commencent un procès informel en disant du mal d’une autre personne sans fournir de preuve et sans sa présence. On peut alors en profiter pour discuter des procès informels et de l’exclusion. On peut aussi chercher à comprendre ce que souhaite la personne critiquante. Elle peut par exemple souhaiter exprimer ses émotions sans savoir le faire directement (cf Communication non violente) ou encore insuffler un mouvement d’exclusion contre une personne.

Idée (à travailler) de solution

Nous nous plaçons dans le cas d’un groupe qui se réunit régulièrement et qui se veut non hiérarchique.

  • Une personne A (ou un logiciel) sert à administrer (sans diriger) le système d’exclusion.
  • Quand il y a une rencontre (ou réunion) si B est incompatible avec C alors il en informe A (et ainsi pour toutes les personnes ayant des incompatibilités).
  • A organise des alternances pour que les personnes incompatibles puissent venir à tour de rôle dans les réunions.

Par exemple si 5 personnes sont incompatibles avec Mr D (et sans autres incompatibilités) alors Mr D viendra 1 fois sur 6 aux réunions et les 5 autres 5 fois sur 6. Remarque: Si Mr D se déclare incompatible avec les 5 autres, cela ne change rien.

Pour que cette solution fonctionne il faut aussi organiser une communication entre les personnes incompatibles, sinon on peut faire naître des suspicions (si on ne sait pas l’origine de l’exclusion) ou guerre de tranché.

Un sou est un chat

Si je prétend posséder un chat et que mon voisin prétend posséder un chat, alors ça fait deux chats.
Si j’ai 100 euros et que mon voisin a 100 euros, alors ça fait 200 euros.
Tout ceci est parfaitement logique, mais nous allons voir qu’il suffit que mon voisin soit quelqu’un de très puissant pour qu’il fasse mentir le dicton « un chat est un chat », et le tout avec ma bénédiction s’il vous plaît.

Si mon voisin est mon égal

Maintenant imaginons que j’ai prêté mon chat à mon voisin et que l’on prétend tout deux avoir un chat. Alors là ça ne va plus. Il faut que mon voisin ne dise pas qu’il a un chat. Maintenant si je prête 100 euros à mon voisin: si je dis que j’ai 100 euros et que mon voisin le dit aussi (pour mes 100 euros), ça ne va pas non plus.

Mais au fait, c’est quoi « posséder » ? Je dis que je possède X si je peux en faire tout ce que bon me semble (dans le cadre de la lois), quand je veux. Par exemple si j’ai un billet de 100 euros je peux le détruire ou encore le donner. Mais alors, si je prête 100 euros à mon voisin je ne peux pas dire que je possède vraiment 100 euros car pour en faire ce que je veux il faut d’abord que je le récupère. Mon voisin ne devrait pas dire non plus qu’il possède 100 euros car il n’a pas toute liberté puisqu’il doit me les rendre. Donc quand on prête quelque chose, on n’est plus vraiment le possesseur, le pouvoir que l’on a sur X est comme divisé entre le prêteur et l’emprunteur: l’emprunteur en a l’usage et le prêteur a le droit de récupérer X.
Donc quand je prête 100 euros je devrais dire « j’ai prêté 100 euros » et non « j’ai 100 euros » et mon voisin devrait dire « on m’a prêté 100 euros » et non « j’ai 100 euros ».

Si mon voisin est très puissant

Maintenant si mon voisin est assez puissant pour me faire prendre des vessies pour des lanternes, alors les choses se passent différemment.

Quand je lui prête 100 euros il me fait croire que j’ai encore les 100 euros. D’ailleurs il me fait croire qu’il me les rend quand je veux. C’est vrai qu’il me les rends quasiment à chaque fois que je le veux. En plus mon voisin me rend un grand service: je lui confit une bonne partie de mon argent et quand je veux donner 150 euros à Mr Martin j’ai juste à lui donner un papier signé comme quoi je donne 150 euros à Mr Martin. Comme Mr Martin a aussi confié son argent à mon voisin très puissant, il lui suffit de lui donner mon papier et mon voisin très puissant considérera qu’il me doit 150 euros en moins et qu’il doit à Mr Martin 150 euros en plus.

Comme mon voisin très puissant rend des services, est admiré et porte beau costume, tout le monde est très content de lui confier son argent. Ainsi dans le quartier on n’utilise plus trop notre argent directement mais on se fait des papiers pour se payer entre nous.

Tout va bien alors ? Et bien, si on oublie qu’un chat est un chat, oui, mais la réalité, elle, ne l’oublie pas. Ainsi pendant que je considère que j’ai 5000 euros chez mon voisin très puissant, lui aussi considère qu’il peut utiliser cet argent, et il l’utilise pour le prêter et ainsi gagner des intérêts dessus. D’ailleurs quand Mr Y m’a donné (par un papier signé) 100 euros hier, en fait il avait emprunter 1000 euros à mon voisin très puissant et c’est grâce à mon argent qu’il a pu me « payer » les 100 euros ! En fait, avec les emprunts, mon voisin très puissant arrive à faire croire à beaucoup de monde qu’ils possèdent plein d’argents et tout ça tourne beaucoup. Sauf qu’à un moment, comme on ne sait plus trop qui possède quoi, mon voisin très puissant a fait des mauvaises affaires avec mon argent et a du mal à rembourser. Du coup tout le monde veut récupérer ses billes et on s’aperçoit qu’il n’y a pas tant d’argent que ça. Et du coup toute notre petite économie locale est désorganisée. Mais il reste encore une très belle demeure dans le quartier: celle de mon voisin très puissant.

Mon voisin très puissant s’appelle Mr Banque

Quand nous confions notre argent à la banque, nous lui prêtons notre argent, et d’ailleurs sur nos relevés il y a écrit « crédit » car la banque nous doit de l’argent. Mais alors nous ne possédons plus notre argent, nous l’avons prêter. La banque ne le possède pas et en a l’usage. Si nous confions notre argent à la banque c’est que nous avons confiance qu’elle pourra nous le rembourser. Comme elle ne peut le faire en totalité n’importe quand (vu qu’elle le prête) et que nous aimons énormément nos banque nous avons trouver une solution de folie: si la banque ne peut pas nous rembourser alors c’est l’état (c’est à dire nous, citoyens) qui le faisons pour elle. Ainsi la banque a un crédit illimité auprès de l’état. Pour éviter le trou sans fond, les banques ont des règles, mais les banques sont très puissantes et quand on est très puissant on peut influencer les lois.

Les assignats

En fait, nous utilisons une petite partie des euros que nous avons, la plus grande partie est prêté à la banque. Les « euros banque » ne sont pas comme des euros, dans le sens où la banque peut prêter cet argent tout en nous faisant croire qu’on l’a encore. Comme ces « euros banque » peuvent se multiplier au gré des prêts, nous avons un phénomène d’inflation: un peu comme si l’état produisait des euros à flot. Puis à un moment donné l’argent est tellement concentré dans certains milieux (financiers etc) que l’économie est déséquilibrée, les prévisions deviennent invalides et les banques n’arrivent plus à se faire rembourser. Alors elles disent aux états: allez-y, nous on a pompé trop d’intérêts et l’économie s’écroule, payez pour nous. L’état crée des dettes monstrueuses et on recommence. Sauf qu’à chaque fois la dette de l’état pèse de plus en plus lourd, c’est à dire que les riches deviennent toujours plus riches par la rente de la dette.

Le problème de base est que l’on confie notre responsabilité sur notre argent à la banque, mais confier une pareille responsabilité est une folie car l’argent est le sang de notre économie. Si nous faisons cela c’est que nous nous sentons un grain de sable, un consommateur, et non des personnes responsables de nos actes et de notre société. Non pas que nous soyons stupides, mais nous sommes éduqués pour courber le dos.

Retour à la réalité

Il faut appeler un chat un chat: si je prête mon argent à la banque alors ce n’est plus mon argent, j’ai juste une reconnaissance de dette de ma banque. Si la banque veut prêter 3000 de mes 5000 euros, alors elle pourrait me demander si je suis d’accord et si oui je sais que j’ai prêté 5000 euros à la banque et qu’il y a 3000 qu’elle a prêté ailleurs. Quand une banque ne peut pas rembourser ce n’est pas au citoyens (à l’état) de le faire. La banque ne devrait pas avoir le droit de jongler avec l’argent: si elle prête mon argent pour 5 ans alors pendant 5 ans je ne peut pas l’utiliser. Alors qu’actuellement les banques prêtent environ 90% de notre argent et font comme si elles pouvaient rembourser tout tout de suite.

Ha mais alors, vous me direz, ça serait triste: on ne pourrait plus avoir l’illusion d’avoir sans avoir ? Aujourd’hui nous avons de grandes entreprises qui peuvent obtenir beaucoup de capitaux grâce à l’argent que nous prêtons à nos banques. Si nous étions plus responsables de notre argent alors on le prêterait plus intelligemment et on serait plus possesseurs qu’esclaves de nos entreprises. Échanger l’illusion de richesse contre une réelle liberté n’est pas un mauvais deal. L’économie s’en porterait beaucoup mieux.

Oui mais quoi faire ?

Actuellement, on ne fait presque rien, il suffirait que chacun fasse un peu.

Par exemple on peut se renseigner sur les différentes banques et chercher une banque mutualiste, branchée réellement sur le développement durable etc. Un organisme financier branché sur le développement durable existe déjà en France. Une banque sur le même principe est en train de se créer.

Il suffit de réfléchir et discuter du fonctionnement de notre économie, pas seulement de dire « à bas les banques » mais de reprendre nos responsabilités et de réfléchir ensemble à des solutions. Actuellement nous baissons les bras car nous sommes sous l’emprise de la domination idéologique de notre culture. Si nous prenons en mains nos idées alors elle deviendrons belles…